Le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau, a témoigné mercredi devant la Commission des finances publiques pour s'expliquer sur la gestion du bas de laine des Québécois.
Le témoignage de M. Rousseau était très attendu car l'ADQ et le PQ tentent depuis des semaines d'obtenir des précisions du gouvernement Charest sur les investissements de la Caisse dans le papier commercial. Ils s'inquiètent surtout des pertes anticipées qui pourraient, selon certains analystes, entraîner la caisse dans le rouge cette année.
Henri-Paul Rousseau a voulu se faire rassurant en disant que la santé financière de la Caisse est excellente. M. Rousseau a confirmé ce que disaient certains analystes financiers, soit que la Caisse possède pour 13,2 milliards de dollars en papier commercial adossé à des actifs. Mais de cette somme, le patron de la Caisse a expliqué que seulement 1 milliard a été investi dans des titres garantis par des prêts hypothécaires risqués.
Sur ce milliard, la Caisse, a dit M. Rousseau, devra prendre une provision de 30 % à 50 % dans ses résultats 2007, c'est-à-dire que les pertes se situeraient entre 300 et 500 millions de dollars, soit un maximum de 0,3 % des actifs de la Caisse.
Malgré qu'il s'agisse d'un montant considérable, le patron de la Caisse a soutenu qu'il n'y avait pas lieu de s'inquiéter. « Ce n'est pas 0,3 % qui va changer les équilibres financiers ni de la Caisse ni de nos déposants », a-t-il assuré.
M. Rousseau a cependant indiqué qu'une provision devrait être prise sur l'autre montant investi dans le papier commercial, soit 12,2 milliards. Il n'a cependant pas voulu chiffrer le montant que la Caisse devra éponger, car l'institution, en raison de sa situation financière solide, peut attendre la restructuration du marché avant de décider de dévaluer ses actifs.
En se référant aux provisions prises récemment par Desjardins et la Banque Nationale notamment, il a indiqué que la provision de la Caisse pourrait se situer entre 6,5 % et 25 %. Ainsi, la provision sur cette partie des investissements dans le papier commercial varierait de 800 millions à 3 milliards.
En tout, la Caisse pourrait donc, au mieux, prendre une provision totale de 1,1 milliard et au pire, de 3,5 milliards.
Henri-Paul Rousseau a indiqué qu'il n'était pas du tout question de procéder à une vente d'actifs afin d'éponger les pertes, dont le montant définitif sera connu à la fin de l'exercice financier en cours. Il a rappelé qu'avec un rendement qui approche les 14 % depuis 2005, la Caisse a suffisamment de liquidités pour faire face à cette situation.
Les retraités inquiets
Avant le témoignage de M. Rousseau, le directeur général de l'Association québécoise des retraités des secteurs publics et parapublics, Luc Vallerand, s'est dit aussi très inquiet. « C'est l'argent des retraités, ça touche cinq millions de personnes au Québec, autant les cotisants que les retraités, alors les retraités sont préoccupés par cette situation », dit-il.
L'Association est d'ailleurs tellement inquiète qu'elle va réclamer un siège au conseil d'administration de la Caisse de dépôt pour être en mesure de suivre de plus près ses placements.
|